Pendant les vacances d’été, les habitudes des jeunes changent souvent. Les journées sont moins structurées, les heures de coucher peuvent varier et les moments passés sur le téléphone, les réseaux sociaux, les jeux en ligne ou les applications de messagerie ont tendance à augmenter. 

Cette présence numérique accrue n’est pas nécessairement problématique. Elle permet aux jeunes de rester en contact avec leurs amis, de découvrir de nouveaux contenus et de se divertir. Toutefois, elle peut aussi les exposer davantage à certains risques en ligne. 

Sans dramatiser la situation, les vacances représentent un bon moment pour discuter de sécurité numérique et rappeler quelques repères qui aideront les jeunes à profiter pleinement de leur été. 

 Pourquoi les jeunes sont plus vulnérables pendant les vacances d’été 

Pendant l’année scolaire, les journées sont généralement rythmées par les cours, les devoirs, les activités parascolaires et les sorties en famille. L’été, cette routine change souvent du tout au tout. Les jeunes disposent de davantage de temps libre et peuvent passer plusieurs heures par jour sur TikTok, Snapchat, Instagram, Discord, Roblox, Fortnite ou d’autres plateformes qu’ils utilisent régulièrement. 

Cette présence accrue en ligne multiplie les occasions d’échanger avec de nouvelles personnes, de partager du contenu personnel ou d’être exposé à des situations qui demandent davantage de vigilance .La fatigue, l’ennui ou simplement le désir de rester connecté avec ses amis peuvent parfois amener un jeune à accorder sa confiance plus rapidement, à accepter une demande qu’il aurait normalement refusée ou à partager davantage d’informations personnelles qu’il ne l’aurait fait dans un autre contexte. 

Les contacts avec des inconnus : une réalité plus présente qu’on le pense 

Aujourd’hui, les contacts avec des inconnus ne se limitent plus aux réseaux sociaux. Ils peuvent commencer dans un jeu vidéo, sur Discord, dans les commentaires d’une publication ou à travers un groupe de discussion créé autour d’un intérêt commun. Pour les jeunes, ces échanges sont souvent perçus comme normaux. Après tout, ils discutent régulièrement avec des personnes qu’ils n’ont jamais rencontrées en personne. 

Le défi, c’est qu’une relation en ligne peut rapidement donner une impression de proximité, même lorsqu’elle repose uniquement sur ce qu’une personne choisit de montrer. Certaines personnes peuvent prétendre avoir le même âge, partager les mêmes intérêts ou chercher à gagner progressivement la confiance d’un jeune avant de lui demander des informations personnelles, des photos ou de poursuivre la conversation sur une autre plateforme. 

Plus un jeune échange avec quelqu’un, plus il peut avoir l’impression de le connaître. Pourtant, il demeure difficile de vérifier l’identité, les intentions ou même l’âge réel d’une personne rencontrée uniquement sur Internet. 

Les situations qui devraient attirer l’attention de votre jeune 

Plutôt que de tenter de mémoriser une liste de règles, il peut être utile d’aider votre enfant à reconnaître certaines situations qui méritent davantage de prudence. 

Par exemple : 

  • une personne rencontrée en ligne qui demande de garder la conversation secrète; 
  • quelqu’un qui insiste pour déplacer la discussion vers une autre application; 
  • un contact qui pose rapidement des questions personnelles sur son âge, son adresse ou ses habitudes; 
  • une personne qui demande des photos ou des vidéos privées; 
  • quelqu’un qui tente de l’isoler de ses amis ou de sa famille en affirmant qu’il est le seul à le comprendre; 
  • un échange qui le rend mal à l’aise, même s’il est incapable d’expliquer exactement pourquoi. 

 Dans ces situations, le plus important n’est pas que votre jeune sache quoi répondre parfaitement. L’essentiel est qu’il reconnaisse que quelque chose lui semble anormal et qu’il sache qu’il peut en parler à un adulte de confiance. 

Comment amorcer la discussion avec son enfant 

Les conversations sur la sécurité en ligne sont souvent plus naturelles lorsqu’elles partent de ce que votre enfant vit réellement au quotidien. Une vidéo qui fait réagir, une publication partagée sur les réseaux sociaux ou une nouvelle dans les médias peuvent devenir de bons points de départ. Ces moments permettent d’aborder le sujet sans que votre enfant ait l’impression d’être surveillé ou interrogé. 

 L’idée n’est pas de transformer la discussion en interrogatoire, mais plutôt de s’intéresser sincèrement à son univers numérique. En comprenant mieux les plateformes qu’il utilise, les personnes avec qui il interagit et le contenu qu’il consomme, il devient plus facile d’aborder les sujets plus sensibles. Ces conversations régulières permettent également de créer un climat où votre enfant se sent à l’aise de poser des questions, de partager une expérience négative ou de demander de l’aide lorsqu’une situation le préoccupe. 

Garder le dialogue ouvert tout l’été 

Les plateformes évoluent rapidement et les habitudes numériques des jeunes aussi. Une seule conversation au début des vacances n’est pas toujours suffisante. En demeurant présent, curieux et ouvert aux discussions, vous contribuez à créer un environnement où votre enfant sait qu’il peut venir vous parler sans crainte d’être jugé ou puni. 

Il peut également être utile de s’intéresser aux plateformes, aux jeux et aux applications que votre jeune utilise régulièrement. Sans devenir un expert de chaque nouveauté, comprendre les principales fonctionnalités d’un réseau social, le fonctionnement d’un jeu en ligne ou les types d’interactions qui y sont possibles permet d’avoir des discussions plus concrètes et adaptées à sa réalité. Cela aide souvent les parents à mieux saisir certains enjeux, à poser des questions plus pertinentes et à offrir un soutien mieux adapté lorsqu’une situation survient. 

Lorsqu’un jeune sent que son parent s’intéresse sincèrement à son univers numérique et en comprend les grandes lignes, il est généralement plus enclin à se confier ou à demander de l’aide. À l’inverse, s’il a l’impression que l’adulte est complètement déconnecté des plateformes qu’il fréquente ou des réalités qu’il vit en ligne, il peut hésiter à parler de certaines situations ou croire que demander de l’aide ne changera pas grand-chose. S’intéresser à ses habitudes numériques contribue donc non seulement à renforcer le dialogue, mais aussi à rendre les conversations sur la sécurité en ligne plus crédibles, plus pertinentes et mieux adaptées à son quotidien. 

Les risques en ligne font partie de la réalité numérique d’aujourd’hui, mais quelques échanges réguliers et adaptés à l’âge de votre jeune peuvent faire une réelle différence.

Au Réseau Enfants-Retour, nous encourageons les familles à maintenir un dialogue ouvert avec les jeunes et à leur donner les outils nécessaires pour faire des choix sécuritaires. La prévention commence par l’information, l’écoute et la confiance.